JULIEN DAJEZ

INTERVIEW DAJEZ

"Ce n'est pas la même chose d'intégrer du graphisme à la réalisation et de faire un film graphique."

Pourquoi filmez-vous ?

Je ne fais pas que filmer... Pourquoi je fais ça ? Pourquoi je fabrique des images finalement ? Vous avez du temps ? C'est très compliqué pour moi d'expliquer le processus créatif et pourquoi j'ai eu envie de créer. Mais en fait je suis devenu réalisateur car  c'est le lien entre deux univers qui me plaisaient énormément : celui de l'image - et d'abord de l'image fixe - et celui de la musique. L'univers de l'image fixe est passé pour moi par les arts appliqués et plus particulièrement par le graphisme. Mais je me sentais un peu à l'étroit dans mes chaussons. Quant à la musique, c'est quelque chose de beaucoup plus émotif, plus intuitif, et par certains aspects c'est aussi moins intellectuel. Même si on peut avoir un rapport très intellectuel avec la musique, c'est quand même le moment où l'on se lâche qui est le meilleur. Et c'est en confrontant ces deux univers qu'à un moment j'ai eu envie de filmer. Envie de mettre en scène les gens. Envie de raconter des histoires.


Quelle serait votre madeleine de Proust cinématographique ?

Europa de Lars Von Trier (1991). Ce qui m'a fasciné, c'est que le film commençait avec une séance d'hypnose avec un train ; du coup il y a un élément formel extrêmement fort là-dedans et cet univers d'après-guerre me faisait penser à mes origines d'Europe de l'Est.

L'autre film c'est Le salon de musique de Satyajit Ray (1955). Ce film tourne autour de la musique et de l'émotion. C'est un film qui parle du changement d'une société, du changement de l'Inde, et tout ça autour de la musique. Les arts qui transforment tout, c'est très beau.

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