GÉROME RIVIÈRE
INTERVIEW GÉROME RIVIERE
« Le jour où je me fais enterrer, moi, je veux quatre porteurs de cercueils homogènes. »
Pourquoi filmez-vous ?
Parce que ça m'amuse. Je trouve amusant de voir le résultat chez les autres, de les voir créer un univers. Du coup ça me donne envie de le faire. C'est ce qui me plaît : la mise en place des moyens pour arriver au résultat que j'ai en tête. Finalement, filmer c'est mettre en scène une idée qui a été élaborée, pensée, conceptualisée, écrite...Cette espèce de prise de tête (qui s'appelle le travail) c'est assez rigolo, non ?
Votre madeleine de Proust cinématographique ?
Le premier film pour lequel je me suis vraiment dit « ouah, là il y a un univers qui a été mis en place ! », la première fois que j'ai compris que dans un film il y avait un réalisateur qui avait eu une idée... c'était en allant voir Apocalypse Now (Francis Ford Coppola,1979). C'était un truc de barge. C'est la première fois que je me suis dit : il y a des costumes. C'est là que j'ai vu toutes les strates de la fabrication d'un film... cette montagne de travail... le mec à un moment avait cette idée en tête et après, bah, fallait le faire ! Je me souviens que j'étais petit. C'était interdit aux moins de douze ans et j'avais onze ans et demi. On fumait encore au Grand Rex. Les cendriers sur les accoudoirs, je m'en rappelle ! Pour moi ce souvenir est hallucinant. Aussi bien cinématographiquement que socialement !
